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André Pouliot, Ambassadeur Julbo: Dans les Whites Mountains

by Yannick Charbonneau on August 29, 2019

Donc pour le wrap-up de mon trip dans les White, je dirais en un mot: INTENSE! J’y allais avec deux amis coureurs mais l’un d’entre eux s’est désisté relativement aux risque d’orages violents qui menaçaient la région durant notre run. Il s’est déjà fait prendre dans cette situation et en altitude, les choses peuvent vite se compliquer et devenir dangereuses car en cas de foudre, sur les crêtes d’une montagne, on sert de paratonnerre! Je suis donc parti avec Guillaume Audette, un excellent coureur doublé d’un sacré bon gars! Cette qualité est essentielle quand on vise partir avec quelqu’un plusieurs heures dans les montagnes, loin de tout.

Départ des Laurentides à 1am dans la nuit de jeudi à vendredi. On est fébriles, euphoriques et fatigués à la fois (2hrs de sommeil chacun... la vie de papas!). On prépare notre stratégie parce qu’on part en autonomie faire cette course de 48km et 3200 mètres de dénivelé positif à travers 6 sommets assez intimidants. Le plus connu d’entres eux est le mont Lafayette, haut de ses 1600 mètres d’altitude. Nous avons aussi gravi dans la même lancée les monts Flume, Liberty, Garfield, les Twins et finalement le mont Bond. Cette trail s’appelle la Pemi Loop et elle est généralement empruntée par des randonneurs qui la complètent en 3 ou 4 jours. Notre objectif est de la courir en autonomie en une seule lancée. Pourquoi, nous a questionné le douanier, nous trouvant soit louches, soit fous. Pour aller s’amuser, voir des points de vue à couper le souffle, se mesurer à soi-même, passer du bon temps entre amis (avec les mêmes intérêts bizarres), sortir de sa zone de confort en se mettant un peu en danger, en fait il y a un peu de tout ca. 

Arrivés au Lincoln Trailhead du White Mountain National Parc, on se met déjà à l’action dans la noirceur. Derniers préparatifs, on a nos lampes frontales, notre nourriture, des gels énergétiques, 2 litres d’eau chacun, on lace nos chaussures pour plusieurs heures en montagne. Il est 5:20am pour le premier km, on espère avoir la chance d’être rapidement assez hauts pour voir le lever du soleil. Quelques minutes après le départ il se met à pleuvoir assez fort pour nous détremper complètement en peu de temps. Ca c’est pas grave, mais ce qui est moins joyeux c’est que les sentier seront beaucoup moins rapides mouillés de la sorte. Ils sont vraiment très techniques et même que plusieurs sections ne se courent carrément pas même par temps sec. Notre espoir de le faire en 8-9hrs devient un peu moins réalisable à cause de l’eau rendant les roches glissantes. 

Les 15 premiers km se passent vraiment bien. Ca grimpe beaucoup! On attrape le lever du soleil entre deux montagne, c’est magnifique, le moral est super, les jambes sont parfaites. On traverse Flume et Liberty pour ensuite se rendre sur le sommet de Lafayette. C’est un MONSTRE! Pas un arbre veut y pousser vu l’altitude, il n’y a que de la toundra vieille d’une centaine d’année (la zone est protégée). Sinon, que de gigantesques blocs de roche. C’esf de là que le point de vu est le plus impressionnant dit-on. Pas pour nous car nous sommes enveloppés d’un épais brouillard. On explore quand même, on se laisse impressionner par le site, jouant plus au touristes qu’au coureur (on a oublié notre chrono!). Nous sommes sur le toit des White, c’est pas rien! Jusqu’au moment où un énorme nuage gris foncé s’avance sur nous à toute vitesse. Notre ami Martin qui n’a pas suivi avait raison d’avoir peur des conditions météo. Nous sommes maintenant deux paratonnerre. Nulle part où se mettre à l’abris car c’est littéralement un plateau de roches, nous n’avons pas le choix de courir vite pour descendre le plus rapidement possible. Quelques minutes plus tard, ce nuage est disparu laissant un ciel très clément pour le reste de la journée... on a eu chaud! Le soleil est levé et la brume dissipée; je peux maintenant mettre mes JULBO RENEGADE! Je les ai fait essayé à Guillaume qui trouve le concept de lentilles photochromiques super intéressant! Il passera à ma clinique à mon retour de vacances pour s’en choisir une paire (ou deux!). 

À mi-chemin, nous arrivons à sec. C’était prévu ainsi parce qu’au 25e kilomètre se trouve la seule source d’eau jusqu’à la fin. Nous remplissons nos gourdes en y ajoutant de la pristine en comprimé. Cette substance pourrait rendre la boue propre à la consommation (ou presque!). Pour le reste, autant Garfield que les Twins que Bond sont lents. Nous avons les jambes encore fraiches et le goût de courir vite, mais le terrain mouillé, très/trop accidenté et surtout le nombre incalculable de roches rendent les conditions lentes. On court ce que l’on peut, on marche rapidement les sections trop dangereuses, on a un moral de béton (on a passé la journée dans un délire de gars ayant 2 heures de sommeil, on se le rappelle!). Même si c’est difficile et moins rapide que ce l’on avait estimé, nous sommes vraiment super contents du déroulement de la journée. Tout le monde que l’on croise est souriant, nous avons de bonnes sensations dans les jambes, tout est parfait sauf pour Guillaume qui a oublié sa nourriture dans la voiture! Je partage évidement, mais ce sera limite à la fin! 

Mon moment fort est notre arrivée au mont Bond, dernier sommet des 6. Il s’agit d’une crête un peu comme l’offrait Lafayette, mais sans la brume! L’extase de la grimper jusqu’en haut, d’arriver au sommet et avoir un visuel de 360 degrés! Tel une carte postale (c’est cliché mais tellement vrai). De là on voyait chaque sommet que nous avions gravi dans les dernières heures. Encore là, nous avons fait nos touristes, prenant le temps d’apprécier la vue et faire quelques photos. La dernière descente par la Bondcliff fût épique et douloureuse. Ca descendant très à pic, sollicitant beaucoup les articulation sous la force des impacts répétés sur les roches. Aussi, avec la fatigue mentale et musculaire, les erreurs de jugement devenaient fréquentes, augmentant le risque de blessures en courant certaines sections un peu douteuses! Par la suite, les derniers 5 ou 6 km ont été sans histoire, presque sur le plat. On en a profité pour se faire un retour sur ce que l’on venait de vivre. 

Au total, 11 heures, 48km, 3200mD+, 6 sommets, 8 litres d’eau et 6000 histoires plus tard, nous rejoignons le pont par dessus la rivière Pemigewasset que nous avions traversé avec nos frontales aux petites heures du matin. Évidement, on y plonge directement; l’eau y est si invitante même si elle est hyper froide! Elle coule directement des montagnes où il y a une différence marquée de température. Ca ne pouvait pas mieux finir notre aventure! 

 

André Pouliot ODD pour Visique, St-Jérôme

Picture credit: Guillaume Audette

 Suivre André sur Instagram: Trailrunnerpouliot

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